Guèrre Marmocha – France

Depuis la mise en place du Protectorat en 1912, le maréchal Lyautey y est résident général. Bien que l’armée française soit très présente dans le pays, de nombreux mouvements de résistance se lèvent dans tout le Maroc et s’opposent à l’occupation , particulièrement dans les régions montagneuses du Rif, et de l’Atlas. Henry de Bournazel rencontre le maréchal Lyautey à Casablanca et obtient en janvier 1922 une affectation au 8e spahis algériens à El Arba-Tahala, qu’il rejoint après avoir visité Rabat, Meknès et Fès. Il commence son acclimatation à la vie marocaine en assurant avec son escadron la protection des convois dans les défilés rocheux. C’est alors que le commandement décide de réduire la « poche de Taza » déjà entreprise l’année précédente, dans le Moyen Atlas autour du village de Skoura, fief de la rébellion.

Henry de Bournazel, muté au 22e spahis marocains, basé à Médiouna, près de Casablanca, va pouvoir enfin participer aux engagements, insistant pour prolonger son séjour au Maroc.

Après ce long préambule, voici en détail la description de l’origine de la légende de « l’Homme Rouge » : la bataille d’El Mers.

El Mers 

Le repaire des tribus guerrières des Marmoucha et Aït Seghouchen se tient dans le massif du Tichchoukt qui culmine à 2800 mètres, et la position de Skoura est verrouillée au Sud par le village d’El Mers qui commande l’accès par le col de Tigoulmamine.Au mois de mai 1923 sous le commandement du général Poey-mirau -« le père Poey »- l’encerclement du massif est entrepris, et de sévères accrochages se succèdent montrant l’opiniâtreté des guerriers adverses.

A l’extrême pointe de l’avant garde, le peloton d’Henry de Bournazel va connaître le 20 mai le véritable contact avec l’ennemi; pour la conquête de l’éperon de Bou Arfa -au sud du massif du Tichchoukt- la bataille va durer toute la journée à travers des taillis épais; la confusion s’accroît avec un brouillard intense qui couvre bientôt la région. Les Berbères chargent au poignard, et les troupes françaises se dégagent à la baïonnette. De cette journée, « Henry de Bournazel a eu sa part de baroud. Déchaîné, grisé, riant d’un grand rire heureux, il a chargé à la tête de ses hommes en chantant -ce qui deviendra pour lui une sorte d’habitude ».

Les pertes ont été sévères de part et d’autre; et dès le 9 juin une seconde phase se met en marche pour prendre pied sur le plateau de Bou-Khamouj qui domine et défend El Mers : nouvelle journée de combats très durs dans un terrain difficile et très boisé. « Ici, encore Henry de Bournazel a été de la fête ! Pas un instant, il n’a quitté l’extrême pointe avancée; il la mène à sa façon qui bientôt devenir célèbre dans toute la troupe : avec un entrain débordant, exultant d’une joie puissante, gouaillant, riant, chantant, vêtu de pourpre, téméraire et élégant, impeccable et débridé tout ensemble. Adoré de ses hommes et admiré de ses compagnons, il est en train de créer chez eux la mystique du chic et de la bravoure de Bournazel ».

Enfin, troisième temps de la campagne, il faut emporter El Mers, où l’ennemi s’est replié en force. Dès l’aube du 24 juin, le groupement se met en marche avec à sa tête en éclairage l’escadron Bastien, dont l’élément le plus avancé est le peloton du lieutenant Henry de Bournazel; à huit heures, le « père Poey », arrivé sur les lieux, donne l’ordre de poursuivre la progression.

A peine remis en route, l’escadron Bastien est violemment pris à parti; de toutes parts, les Berbères surgissent des champs d’orge; engageant le combat à l’arme blanche. Bientôt, le lieutenant Berger est tué et le capitaine Bastien grièvement blessé.

Henry de Bournazel prend alors le commandement de l’escadron et la direction du combat, et malgré une blessure légère à la tête, qui lui couvre le visage de sang, il entraîne ses hommes derrière lui, et dans un assaut final poursuit l’ennemi qui recule. Il atteint le premier le sommet qui domine El Mers en entonnant un air de fox-trot à la mode : « The love need », rapporte son camarade, le lieutenant Durosoy, qui, arrivant sur la crête, le hurle en réplique.

Et le soir, dans la ville conquise, sous la guitoune du prince Aage du Danemark, commandant d’une des compagnies de Légion, les jeunes officiers encore enfiévrés par cette journée tumultueuse se réunissent autour d’un banjo, pour célébrer la victoire.

Déjà lors des combats précédents, l’adversaire remarquait ce cavalier en tunique rouge toujours en tête de ses troupes; mais à El Mers commença de se forger la légende de son invulnérabilité, de sa baraka qui écarte les projectiles et dans les années qui suivent, il va conserver, à la tête de ses goums, cette tenue rouge, qui aux yeux de tous le fera reconnaître comme : « Bou vesta amra ».

16 Réponses à “Guèrre Marmocha – France”

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  1. tariq dit :

    Bonjour

    je vous remercie beaucoup pour l’interet que vous porter à notre bled, et je vous félicite aussi pour ce site qui constitue un moyen pour faire connaitre la région, son histoire, et ses problèmatiques de sous développement.

    je me presente, je suis tariq gueraj originaire de Imouzer marmoucha et précisement de Ait moumou tribue de ait bazza.

    je profite de ce sujet pour passer un message à tous les interessés de l’histoire de la résistance des tribus d’imouzer marmoucha contre la colonisation française; et je tiens à vous signaler que malheureusement les gens résument la résistance de marmoucha dans la révolution de octobre 1952 et sont rares les gens qui connaissent l’histoire de la resistance des tribus au début de la colonisation des terres des marmouchis, Par exemple les combats dans la région AFLALA ET AZINOUZ (situées entre AIT BAZZA ET almis) qui ont connu une résistance agressive sous la direction d’un homme brave et courageux qui s’appelle Mohand oulhcen n ait ahemd qui était cheikh de la tribu avant la colonisation: cet homme de Ait moumou a réussi d’organiser la résistance et il a eu l’aide des autres tribus marmouchis, les combats de aflala ont fait des pertes importantes aux français; après la colonisation de AFLALA cet homme s’est installé à ADRAR ( la grande montagne dans la région) jusqu’à sa mort dans des circonstances inconnus ( ce monsieur a été assasiné dans sa tente) , et il n’a pas changé son avis sur la colonisation meme si la france a essayé de l’attirer avec des propsitions comme il la fait dans les autres régions. l’Homme est parti et est devenu martyre mais sont rare les gens qui le connaisse. et je suis sûr que dans imouzer il y avait plusieurs cas pareille. ce qui montre que la résistance de Imouzer n’a pas été documenté comme il le faut. et je profite de cet email pour demander des liens ou je peux trouver plus d’informations sur la résistance de nos grands parents dans les années 1920, ainsi que les tribus qui ont aidé les marmouchis.

    je demande aussi les gens qui ont plus d’infos sur cette période de participer dans ce forum pour echanger plus d’infos sur la résistance des tribus d’imouzer marmoucha.

    merci encore cher dris pour cette initiative.

  2. bosc dit :

    je voudrai aller à Imouzer où j’ai vécu 4 ans de 1947 à 1951,mon père s’appelait Renou Alexandre et travaillait dans les eaux et forêtes,il parlait le berbère.Je voulais savoir si la route est praticable avec une voiture normale et j’aimerais retrouver la famille d’Ali Akka qui s’est occupé de moi
    merci
    françoise

  3. Bouteraze dit :

    Bonjour à tous,
    tout d’abord un grand merci à Si Dris qui eu le courage et la volonté de rappeller aux personnes qui se proclament « Résistant », qui sont les vrais résistants qui ont donné de leur sang et de leur vie pour que le Maroc redevienne indépendant.

    Tarik
    Idrasse/Almisse Marmoucha

  4. mostafa ben akka dit :

    BONJOUR TARIK
    JE SUIS VRAIMENT TOUCHE PAR TON ARTICLE ET TON ATTACHEMENT A L·HISTOIRE DE MARMOUCHA ET SES HOMMES FAROUCHES QUI ONT MARQUE PAR LEURS COURAGES ET RESISTANCES LE VRAI AMOUR DE LA TERRE. JE TIENS A VOUS DIRE QUE JE SUIS D·ORIGINE MARMOUCHI ET FIERRE DE L·ETRE .

  5. aghrrabou dit :

    bjr abna a marmoucha

  6. akhat elh dit :

    bjr abna marmoucha

  7. akhat elh dit :

    slt fils de marmoucha

  8. akhat elh dit :

    awal amzwarou llatsllamkh khi marmouchn akmanin llan somzian som9ran sans oublier bien sur notre confrere Driss ihhajjitn que je salus fortement et plus profondement sur l effort qu il incombe a notre fraction imouzer marmoucha.En effet notre bled a besoin de sa nouvelle generation pour relever ses besoins intellectuelles et les mettre en oeuvre quoi que soit l effort fournis parceque c est notre tribune natal a laquelle notre ame s attache riguoureusement . J esperes que ce message fraternel penetre aux coeurs de nos marmouchis partout a travers le monde pour manifester leurs volonte pour le bien mener a terme de marmoucha et de nos encheres qui souffrent la bas . Marmoucha a besoin d une grande librairie pour nos sinceres etudiants marmoucha a besoin egalement des clubs de sports.marmoucha a besoin de tant de projets…………………………………..Etc , qui peut mieux faire si nos ancetres ont pu faire mieux que nous lorsqu ils ont donne leurs sang leurs ames et leurs ventres aux obus de tous les Armes francaises pour que nous puissions vivre donc y a t ils quelqu uns qui peu agir dans le bon sens bon entendeur et a la prochaine; m mmis y issouka skhounatte aghrrabou asittou399al

  9. BOUALI MED. dit :

    De noos jours il est rare de trouver des jeunes qui s’interessent à l’histoire de leurs origines. Je suis fier de constater que des jeunes marmouchis sont avides d’en savoir plus sur leurs origines et sur leurs aieuls. Dites vouss bien que que l’histoire se sculpte dans la memoire des hommes. Nous avons toujours ete des hommes a travers les generation des AIT SLIM, vraie denomination des tribus des marmoucha.

  10. bouteraze dit :

    Bonjour tout le monde,
    j’aimerais vous informer, que je viens de créer l’association Almis pour le développement et la solidarité. L’association est concernée par tous les problèmes de la région Marmoucha sans exception. L’association vise également à lancer des projets bénéfiques pour les gens de la région sans aucune distinction.
    Si vous souhaitez participer au développement de votre douar ou de la région merci de nous contacter à l’adresse suivante : association.alds@gmail.com
    Je souhaite également demander à Si Driss de nous contacter (je vous ai déjà envoyé un e-mail sans suite) afin de pouvoir faire évoluer les choses.
    La fierté d’une région dépend de vous, de moi et des autres.
    Tarik
    Almis marmoucha

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