Archive pour novembre, 2008

La souffrance berbere

25 novembre, 2008

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Ahidousse boulmane (faut le voir)

8 novembre, 2008

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Sadaka lillah

8 novembre, 2008

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Guèrre Marmocha – France

7 novembre, 2008

Depuis la mise en place du Protectorat en 1912, le maréchal Lyautey y est résident général. Bien que l’armée française soit très présente dans le pays, de nombreux mouvements de résistance se lèvent dans tout le Maroc et s’opposent à l’occupation , particulièrement dans les régions montagneuses du Rif, et de l’Atlas. Henry de Bournazel rencontre le maréchal Lyautey à Casablanca et obtient en janvier 1922 une affectation au 8e spahis algériens à El Arba-Tahala, qu’il rejoint après avoir visité Rabat, Meknès et Fès. Il commence son acclimatation à la vie marocaine en assurant avec son escadron la protection des convois dans les défilés rocheux. C’est alors que le commandement décide de réduire la « poche de Taza » déjà entreprise l’année précédente, dans le Moyen Atlas autour du village de Skoura, fief de la rébellion.

Henry de Bournazel, muté au 22e spahis marocains, basé à Médiouna, près de Casablanca, va pouvoir enfin participer aux engagements, insistant pour prolonger son séjour au Maroc.

Après ce long préambule, voici en détail la description de l’origine de la légende de « l’Homme Rouge » : la bataille d’El Mers.

El Mers 

Le repaire des tribus guerrières des Marmoucha et Aït Seghouchen se tient dans le massif du Tichchoukt qui culmine à 2800 mètres, et la position de Skoura est verrouillée au Sud par le village d’El Mers qui commande l’accès par le col de Tigoulmamine.Au mois de mai 1923 sous le commandement du général Poey-mirau -« le père Poey »- l’encerclement du massif est entrepris, et de sévères accrochages se succèdent montrant l’opiniâtreté des guerriers adverses.

A l’extrême pointe de l’avant garde, le peloton d’Henry de Bournazel va connaître le 20 mai le véritable contact avec l’ennemi; pour la conquête de l’éperon de Bou Arfa -au sud du massif du Tichchoukt- la bataille va durer toute la journée à travers des taillis épais; la confusion s’accroît avec un brouillard intense qui couvre bientôt la région. Les Berbères chargent au poignard, et les troupes françaises se dégagent à la baïonnette. De cette journée, « Henry de Bournazel a eu sa part de baroud. Déchaîné, grisé, riant d’un grand rire heureux, il a chargé à la tête de ses hommes en chantant -ce qui deviendra pour lui une sorte d’habitude ».

Les pertes ont été sévères de part et d’autre; et dès le 9 juin une seconde phase se met en marche pour prendre pied sur le plateau de Bou-Khamouj qui domine et défend El Mers : nouvelle journée de combats très durs dans un terrain difficile et très boisé. « Ici, encore Henry de Bournazel a été de la fête ! Pas un instant, il n’a quitté l’extrême pointe avancée; il la mène à sa façon qui bientôt devenir célèbre dans toute la troupe : avec un entrain débordant, exultant d’une joie puissante, gouaillant, riant, chantant, vêtu de pourpre, téméraire et élégant, impeccable et débridé tout ensemble. Adoré de ses hommes et admiré de ses compagnons, il est en train de créer chez eux la mystique du chic et de la bravoure de Bournazel ».

Enfin, troisième temps de la campagne, il faut emporter El Mers, où l’ennemi s’est replié en force. Dès l’aube du 24 juin, le groupement se met en marche avec à sa tête en éclairage l’escadron Bastien, dont l’élément le plus avancé est le peloton du lieutenant Henry de Bournazel; à huit heures, le « père Poey », arrivé sur les lieux, donne l’ordre de poursuivre la progression.

A peine remis en route, l’escadron Bastien est violemment pris à parti; de toutes parts, les Berbères surgissent des champs d’orge; engageant le combat à l’arme blanche. Bientôt, le lieutenant Berger est tué et le capitaine Bastien grièvement blessé.

Henry de Bournazel prend alors le commandement de l’escadron et la direction du combat, et malgré une blessure légère à la tête, qui lui couvre le visage de sang, il entraîne ses hommes derrière lui, et dans un assaut final poursuit l’ennemi qui recule. Il atteint le premier le sommet qui domine El Mers en entonnant un air de fox-trot à la mode : « The love need », rapporte son camarade, le lieutenant Durosoy, qui, arrivant sur la crête, le hurle en réplique.

Et le soir, dans la ville conquise, sous la guitoune du prince Aage du Danemark, commandant d’une des compagnies de Légion, les jeunes officiers encore enfiévrés par cette journée tumultueuse se réunissent autour d’un banjo, pour célébrer la victoire.

Déjà lors des combats précédents, l’adversaire remarquait ce cavalier en tunique rouge toujours en tête de ses troupes; mais à El Mers commença de se forger la légende de son invulnérabilité, de sa baraka qui écarte les projectiles et dans les années qui suivent, il va conserver, à la tête de ses goums, cette tenue rouge, qui aux yeux de tous le fera reconnaître comme : « Bou vesta amra ».